HISTORIQUE DE L'ART-THÉRAPIE

L'ART-THÉRAPIE À MONTREAL

En 1989, la Fondation des maladies mentales, de concert avec l’Association des galeries d’art contemporain de Montréal, expérimente un atelier d’art-thérapie à l’Hôpital Louis-H. Lafontaine sous la direction de madame Suzanne Hamel, art-thérapeute.

En 1992, la Fondation des maladies mentales appuie la mise sur pied de la Fondation pour l’art thérapeutique et l’art brut du Québec qui ouvre un nouvel atelier à Pointe-aux-Trembles.

En 1999, la Fondation pour l’art thérapeutique et l’art brut du Québec choisit de se faire connaître sous l’appellation Les Impatients et ouvre ses portes en plein cœur du centre-ville afin de permettre à un plus large public de bénéficier des ateliers d’art-thérapie et de musicothérapie. Ces nouveaux locaux offrent des espaces pour la diffusion des œuvres des Impatients en présentant une programmation riche et diversifiée d’événements.

Parle-moi d’amour, événement principal de l’année, est une exposition-encan réunissant des artistes en arts visuels et des Impatients. Cette campagne de financement, qui a lieu au mois de février, est une source de revenus essentielle à la poursuite des ateliers qui sont offerts gratuitement aux participants. À cet événement s’est ajouté l’édition du coffret Mille mots d’amour.

HISTORIQUE EN FRANCE

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Si l’on mentionne parfois le nom du marquis de Sade comme précurseur de la méthode – en raison des spectacles qu’il dirigeait, vers 1800, à l’asile de Charenton et qui attiraient le Tout-Paris avide de voir des aliénés en représentation –, on attribue plus sérieusement l’origine de l’art-thérapie au peintre anglais, Adrian Hill, qui en fit le premier l’expérience en 1940.


Tuberculeux et placé en sanatorium, il entreprit, durant sa convalescence, d’entamer une flânerie sur papier qui, au grand étonnement des médecins, lui octroya un rétablissement rapide. « Lorsqu’il est satisfait, l’esprit créateur […] favorisera la guérison au cœur du malade », écrivit-il. Intéressée par cette approche, la Croix-Rouge britannique l’utilisa avec ses patients. En 1950, les premiers programmes de formation en art-thérapie virent le jour aux Etats-Unis.

En France, il fallut attendre 1986, malgré une pratique bien antérieure, pour que le concept soit enfin reconnu par la communauté scientifique au cours d’un congrès international.

Exposition «L’auto-guérison par la couleur»

Dans le cadre d’un vernissage, l’exposition « De la douleur à la couleur » de Pierre Garel a été inaugurée le 9 mars au KUNSTRAUM226 devant le Stade Municipal de Ouagadougou. Il s’agit de la première collaboration entre l’artiste français et le Goethe-Institut / Bdl Ouagadougou.

Au commencement était la couleur jaune. Depuis 23 ans, elle est au centre du travail de Pierre Garel. En 1993, sept ans avant qu’il ait commencé à vivre et travailler au Burkina Faso, il s’est décidé d’utiliser que cette couleur dans l’avenir. « C’était comme un jeu. J’ai décidé de l’utiliser jusqu’à ce que je ne sais plus quoi en faire. » Au début il était hésitant si ça n’allait jamais arriver. Maintenant il est presque sûr qu’il ne va jamais atteindre ce point. Une fois jaune, toujours jaune. C’est pour cela qu’on n’est pas surpris de voir cette couleur dans toutes ses facettes et ombrages aussi cette fois-ci comme un fil rouge dans toute l’exposition.

Mais pourquoi ? Pourquoi c’est justement le jaune et pas par exemple le rouge ? « J’aime cette couleur. J’aime la chaleur qu’elle dégage » indique Garel. « Mais en principe j’aurais pu choisir n’importe quelle autre couleur », ajoute-t-il. Plus important que le choix d’une couleur, a été la décision elle-même. C’est ainsi qu’il peut se focaliser sur d’autres aspects d’art au lieu de réfléchir sur la couleur à chaque fois de nouveau.

Mais dans son exposition « De la douleur à la couleur » il s’agit de beaucoup plus que la couleur jaune. « Au début, j’ai voulu faire une exposition sur le travail de mon père. L’idée m’est venu déjà en juin. » Le père de Garel est décédé et l’artiste avait cherché un chemin pour digérer sa douleur. Il l’a trouvé dans l’art. C’est ainsi que Carolin Christgau, la directrice du Goethe-Institut de Ouagadougou l’a approché et lui a offert d’utiliser le KUNSTRAUM226 pour son travail.

Le KUNSTRAUM226 est un projet temporaire du Goethe-Institut qui offre une alternative aux artistes nationaux et internationaux de travailler sur leurs propres concepts d’exposition pendant une longue période. Jusqu’à fin avril le KUNSTRAUM226 était une salle entièrement construite des palettes en bois qui ont fait de cette construction expérimentale une œuvre d’art elle-même.

Pour un artiste comme Pierre Garel, ce cadre est l’idéal pour travailler de façon créative.  Il a accepté l’invitation. La suite a été un processus de la création artistique. Garel réfléchissait de son travail en tant que professeur d’art, qui lui fait beaucoup de plaisir ainsi que de sa position dans la société. Ayant 50 ans, il a eu l’impression d’être entre deux générations. Il s’est demandé ce qu’un père peut transmettre à son fils, et ainsi un professeur à ses élèves. « Il y avait mon père, mes élèves et la couleur jaune » a fait savoir Garel. « J’ai réfléchi comment combiner tout cela dans une exposition. »

Son premier travail était une installation qui maintenant porte le nom « Plan de travail d’un artiste-scientifique ». Elle contient des photos de ses élèves qui au fur et à mesure ont été modifié artistiquement. Il avait accompagné ce groupe pendant plusieurs années à un lycée. Maintenant leurs chemins s’écartent, mais il est très fier de ce qu’ils ont pu réaliser ensemble. C’est à cause de cela qu’il s’est décidé de laisser certains d’entre eux participer à son exposition. Cinq élèves ont créé leurs propres œuvres qui sont également exposés au KUNSTRAUM226. « La possibilité de transmettre mon savoir à mes élèves est une façon d’auto-guérison pour moi » dit-il. Exactement comme la couleur jaune. Le travail avec cette couleur chaude lui aide à digérer sa douleur et de se guérir lui-même. Ce n’était donc pas un choix quelconque.

Garel a été inspiré par Joseph Beuys. L’artiste allemand avait également le but de guérir avec l’art. Pas soi-même, mais la société moderne et occidentale qui était noyauté par des mécanismes maladifs.  Beuys a influencé le travail de Garel d’une telle manière qu’il lui dédie sa propre vitrine dans son exposition. Dedans, il y a des photos des œuvres de l’artiste allemand, entre autres des installations « Schmerzraum » et « Lieu de travail d’un scientifique-artiste ». Les idées qui y sont traitées se retrouvent aussi dans l’exposition de Garel. Le thème de la « douleur » est omniprésent dans son exposition.

L’expression « artiste-scientifique » a cependant été marqué par Hervé Fischer et décrit un artiste qui se laisse inspirer dans son travail par le rôle sociétal de plus en plus important des sciences.

Garel aussi s’est penché sur les sciences de façon artistique, ou bien précisément sur le travail d’un scientifique très particulier : son père. Ce dernier était biochimiste, et son travail lui avait toujours fasciné puisqu’il examinait des choses que beaucoup d’autres scientifiques n’examinaient pas, par exemple la cristallisation du chlorure du cuivre. Il valorisait des processus naturels et esthétiques. Maintenant lui aussi établi une connexion entre la nature et l’esthétique, pas en tant que scientifique, mais en tant qu’artiste. Cette relation devient très clair dans son installation « Portrait d’un chercheur ». Elle est composée d’une grande photo retouchée qui montre son père à sa table de travail et d’une petite table sur laquelle des différents objets du quotidien d’un scientifique sont positionnés. Les deux éléments sont connectés par le fil jaune d’un cocon de soie. Il file d’une éprouvette sur la table jusqu’au portrait de son père au-dessus.

Pour Garel, le processus créatif de la création est aussi important que le résultat. « C’est de l’art aussi », dit-il ; et ainsi déclare le chemin vers l’œuvre un art lui-même. Et il n’est presque jamais droit. Beaucoup de ses idées initiales se sont transformées pendant le processus de travail. « Au début j’avais prévu de diviser l’exposition en deux. Je voulais créer un ‘Schmerzraum’ (espace de la douleur) en référence à Beuys et un ‘Farbenraum’ (espace de la couleur) en antagonisme du premier. » Mais à la fin, tout était carrément différent. Son père, ses élèves et la couleur jaune sont traités dans chaque œuvre. Seulement dans la musique qu’on peut entendre dans la salle d’exposition, son idée initiale a pu résister. Dans une partie de l’exposition on entend des sons rauques de la musique industrielle moderne et dans une autre partie on entend Bach. « De la douleur à la couleur » est ainsi explorable également avec l’oreille chez Pierre Garel.

Auteur

Un récit de Marica Tomiak (stagiaire Goethe-Institut/Bdl Ouagadougou)

Copyright: Goethe-Institut / Bureau de liaison Ouagadougou
Avril 2017

L’ART-THÉRAPIE AU ROYAUME-UNI

Il est temps de reconnaître la puissante contribution que les arts peuvent apporter à la santé et au bien-être. Il existe maintenant de nombreux exemples et de nombreuses preuves de l'impact bénéfique qu'ils peuvent avoir. Nous avons trois messages clés dans ce rapport :

 

  • Les arts peuvent nous aider à garder notre côté gamin, aider notre rétablissement et faire en sorte de vivre plus longtemps et mieux.

  • Les arts peuvent aider à relever les défis majeurs auxquels sont confrontés les soins de santé et les services sociaux : le vieillissement, les conditions à long terme, la solitude et la santé mentale.

  • Les arts peuvent aider à économiser de l'argent dans les services de santé et les services sociaux.

 

Le Groupe parlementaire multipartite sur les arts, la santé et le bien-être (APPGAHW) a été créé en 2014. Notre objectif est d'améliorer la sensibilisation aux bienfaits que les arts peuvent apporter à la santé et au bien-être et de stimuler les progrès vers la concrétisation de ces bienfaits à travers le pays.

Nous avons décidé de mener une enquête sur l'engagement actuel des arts dans les soins de santé et des services sociaux, en vue de faire des recommandations pour améliorer les politiques et les pratiques.

 

Nous avons tenu une série de 16 tables rondes au cours desquelles 300 personnes – utilisateurs de services, personnes travaillant dans les arts, la santé et les services sociaux, y compris les services pénitenciers et de fin de vie, commissaires, bailleurs de fonds et universitaires – ont fait front commun pour partager leurs réflexions sur les défis auxquels ils sont confrontés, ce qu'ils font déjà et ce qu'ils aspirent à faire, et débattu des meilleurs moyens de progresser. Nous avons été frappés par la passion et l'éloquence des témoignages, à la fois ceux qui fournissent et ceux qui bénéficient des arts dans le milieu de la santé et de la protection sociale (certains témoignages peuvent être lus et entendus sur notre site Web : www.artshealthandwellbeing.org.uk/appg)   ….

 

(…) 7.4 ENVIRONNEMENTS DES SOINS DE SANTÉ AUX ADULTES

 

La professeure Jane Macnaughton de l'Université de Durham a noté que l'augmentation de la construction d'hôpitaux autour du millénaire a facilité le design innovateur et la construction de zones d'exposition dédiées, fournissant une ressource culturelle communautaire. Un exemple plus récent est l'hôpital Southmead à Bristol, ouvert en 2014. Dans ce cadre, Willis Newson a géré un programme de 1,1 million de Livres Sterling (£) impliquant des artistes professionnels travaillant aux côtés de la communauté hospitalière pour améliorer l'environnement physique et la culture des soins. Cela a donné lieu à six importantes commissions d'art public intégrées dans le bâtiment et les terrains, à un festival artistique récurrent et à une série d'interventions pour faciliter la transition des anciens hôpitaux aux nouveaux hôpitaux. Andrea Young, directrice générale de North Bristol NHS Trust, qui a commandé le travail, a noté que «L'art de l'hôpital Southmead Bristol contribue à créer un environnement plus esthétique, ce qui est important pour le bien-être des gens. Il y a des endroits spéciaux où les gens peuvent avoir un moment de réflexion tranquille; il y a des choses pour vous aider à vous sentir plus joyeux et des choses pour vous réconforter. L'art contribue à faire du Southmead Hospital un meilleur endroit pour les patients, les visiteurs et les employés. La relation entre Willis Newson et la fondation continue, menant à de nouvelles commandes artistiques et à un programme récurrent de salles d'arts communautaires.

…. 7.7.2  7.7.2 AMÉLIORER LE BIEN-ÊTRE DU PERSONNEL ET DU PATIENT

 

Avec plus de 1,3 million d'employés, le NHS est l'un des plus gros employeurs du Royaume-Uni. Une étude sur la santé et le bien-être dans le NHS, mené par le Dr Steven Boorman en 2009, a montré que les organisations du NHS, qui, valorisaient la santé et le bien-être du personnel, amélioraient la satisfaction des patients, amélioraient la rétention du personnel et réduisaient les absences pour maladie. Au sein du NHS, quelque 10 millions de journées de travail sont perdues chaque année en raison de congés de maladie, ce qui coûte 2,4 £- environ 1 £ par tranche de 40 £ du budget total. Le Boorman Review a estimé que cela pourrait être réduit d'un tiers, soit près de 15 000 employés à temps plein et économiser 555 millions de Livres Sterling.

Le Royal College of Physicians a expliqué la relation entre la santé du personnel et les soins aux patients. Le volet de la main-d'œuvre des STP sera crucial pour influencer la santé du public d'un point de vue préventif. En septembre 2015, le directeur général du NHS, Simon Stevens, a annoncé un important effort pour améliorer et soutenir la santé du personnel soignant, en luttant contre l'épuisement professionnel et le stress, l'alimentation, l'exercice et la santé physique et mentale. En février 2016, le programme NHS de l’Angleterre «La santé en tant que mouvement social» a travaillé avec 32 GCC, cinq importantes fondations NHS et leurs organisations caritatives de Londres pour aborder la santé et le bien-être au travail.

Cinquante et un pour cent du personnel ambulancier et 43 pour cent du personnel en santé mentale citent le stress lié au travail comme raison de leur absence du travail. Une étude sur les travailleurs des services d'urgence au Canada a révélé que la participation à des événements culturels pendant les temps libres améliorait la santé physique. Les événements culturels incluaient des concerts, du ballet, du théâtre et des musées, et ont été trouvés comme des moyens de faire face au stress. Ceci suggère que la présence aux arts peut être particulièrement utile pour améliorer le bien-être du personnel, ce qui a alors un impact sur le bien-être et les résultats des patients. En plus de cela, des interventions basées sur l'art-thérapie, des écrivains, des théologiens, des poètes, des patients, des philosophes, des musiciens, des politiciens et des médecins. Dans une contribution à l'enquête, l'organisation a fait une déclaration succincte qui a écho au niveau de notre travail :

«Nous soutenons qu'une bonne médecine ne peut pas être simplement comprise comme une base solide de preuves pour les bonnes décisions et interventions techniques ; il exige davantage du pratiquant, un type de connaissance plus large caractérisé par : l'empathie, la moralité, la reconnaissance de la souffrance humaine et la sagesse. Ces attributs ne sont pas toujours prioritaires dans la sélection et la formation des professionnels de la santé. De plus, il existe un hiatus de confiance, de compréhension et d'attente entre la médecine et la société quant aux possibilités et aux limites de la médecine. (... I) Nous soutenons que les arts et les sciences humaines peuvent éclairer cette perspective, nous amener à débattre et à encourager la crainte, l'émerveillement et peut-être l'humilité.»

8.6.7  ARTS VISUELS

Les préférences esthétiques des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et de la démence frontotemporale ont été considérées comme demeurant constantes même lorsqu'elles n'ont pas de mémoire d'œuvres d'art spécifiques. Des recherches menées à la Dulwich Picture Gallery ont suggéré que la mémoire épisodique des personnes atteintes de démence pourrait être renforcée par des réponses esthétiques aux avantages sociaux, y compris l'amélioration des capacités cognitives et de l'humeur et un plus grand sentiment d'inclusion. 

.... Le district de Canterbury a le plus grand nombre de personnes atteintes de démence dans le Kent. Une étude de 2015 au Beaney Museum and Gallery de Canterbury, impliquant 66 personnes atteintes de démence précoce et leurs soignants, a été la première à comparer l'impact sur le bien-être de trois activités : manipuler des objets appartenant au musée, regarder et parler de l’art et une activité (pause). À l'aide d'un croisement rigoureux et des échelles de bien-être Canterbury, les activités de manipulation d'objets et d'observation d'art se sont avérées statistiquement significatives pour accroître le bien-être subjectif par rapport à l'activité sociale seule.

CITATIONS DE LA (NAAHW) :

  • L’art dans les établissements de santé contribue à diminuer notre anxiété et à nous connecter à notre humanité.

  • Les arts visuels et la musique soulagent la douleur et l'anxiété de l'accouchement, entraînent une prise de poids chez les bébés prématurés et encouragent le lien parent-enfant.

  • Les environnements pour les soins de fin de vie bénéficient de chambres à l'échelle domestique, d'installations de nuit pour les visiteurs, d'espaces calmes pour les membres de la famille et le personnel et des couleurs et œuvres d'art apaisantes.

  • Les musées et les galeries contribuent à l'amélioration du bien-être psychologique et ont un rôle à jouer au niveau des collectivités amies des aînés et de la démence

  • Les arts ont une contribution à apporter au service de santé engagé, compatissant et attentionné envisagé dans l'enquête Francis, en les mettant au centre de la formation et du développement.

  • Les lieux culturels, y compris les musées, les galeries et les bibliothèques, joueront un rôle de plus en plus important dans les communautés qui sont en bonne santé, qui sont saines, adaptés aux aînés et à la démence et qui font preuve de compassion. 

  • Un environnement bien conçu dans les hôpitaux pour enfants aide à surmonter la peur et la douleur.

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